etre papa

*La petite histoire du jeudi* Etre papa

Etre papa, c’est au moins aussi difficile qu’être maman.

La separation mere enfant, on parle ici: http://superpoppins.com/separation-mere-enfant-la-petite-histoire Mais qu’en est-il des papas? Lorsque j’étais en formation d’éducatrice, un papa est venu au Lieu d’Accueil Enfant Parents (LAEP) du nord parisien, en toute fin de journée. Voici leur histoire.

Ce papa m’a d’abord demandé quelle était ma fonction en tant qu’accueillante (ce qui est assez rare : çà m’a interpellé que ce papa ait si bien compris la fonction et les missions du LAEP, et que normalement ce sont des psychologues qui y officient). J’ai donc senti qu’il fallait que je le rassure en présentant ma pratique d’Educatrice de Jeunes Enfants (EJE) en formation comme s’axant sur le potentiel et le jeu. Il a paru satisfait, j’étais « inoffensive » à ses yeux puisque je jouais, il pouvait être le papa qu’il voulait devant moi…

Après une longue discussion, il m’a expliqué que son fils avait quelques difficultés avec le départ. Etre le papa rassurant dont ce petit garçon semblait avoir besoin ne semblait pas si facile…

En approfondissant un peu, il a ensuite précisé que la maman du petit et lui étaient en train de se séparer. Je lui ai alors dit que peut-être, il était bon de rappeler à son fils que les gens et les endroits, lorsqu’on les quitte, on peut aussi les revoir et y revenir. J’avais en tête la phrase de Françoise Dolto :

« L’enfant a toujours l’intuition de son histoire. 
Si la vérité lui est dite, cette vérité le construit. »

“Tout est langage”, trois volumes, Gallimard, 1994

Ensuite son fils est arrivé, et je leur ai proposé à tous les deux de jouer avec les téléphones et de s’appeler, ce qu’ils ont fait un très long moment. A ce moment, le papa a dit à son fils qu’il l’aimait et que les choses étaient un peu difficiles en ce moment avec sa maman, mais que tous deux l’aimaient très fort, que la séparation ne signifiait pas que l’on ne pensait pas les uns aux autres. Le garçon a souri. Au moment du départ, l’enfant a fait quelques difficultés : il est parti en courant au bout de la pièce. Je l’ai rejoint et je lui ai demandé qui décidait du départ, son papa ou bien lui. Il m’a répondu avec un sourire que c’était lui.

Puis il m’a prise par la main et m’a emmenée dans la cuisine, qui n’est pas autorisée pour les enfants seuls.

Je lui ai alors rappelé ce que son papa lui avait dit au téléphone plus tôt, que le fait de se séparer ne signifiait pas qu’on ne pourrait plus penser l’un à l’autre, et que par ailleurs, il pourrait revenir au sein du LAEP une autre fois. Son papa nous a rejoint, et a embrassé son fils en lui confirmant que celui-ci n’aurait qu’à demander à revenir et que ce serait possible. Le petit m’a alors demandé ou est-ce que moi j’allais et je lui ai répondu que je restais jusqu’à la fermeture du lieu, et puis que comme lui, je rentrerai chez moi après.

Le petit garçon m’a alors embrassé puis m’a dit « au revoir » sans plus de difficultés et dans le calme, comme apaisé. Son père m’a remerciée et ils sont partis tous les deux.

Etre papa, pour ce monsieur, a juste consisté à redire les évidences qui n’allaient pas de soi pour son fils…

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