j'ai peur d'accoucher.

J’ai peur d’accoucher

D’aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours eu peur d’accoucher, ou bien de tomber enceinte.

J’ai peur d’accoucher, mais un jour, je suis tombée très amoureuse de quelqu’un de vraiment bien, et être enceinte n’a plus été effrayant.
En tant que professionnelle de la petite enfance , je m’attendais à ce que ma grossesse soit longue, pénible et douloureuse .
Dans mon métier, voyez-vous, on entend parler des parents qui vont mal comme des trains qui arrivent en retard.
Parce que les enfants vont bien, pour la plupart. Lorsqu’ils manifestent des troubles du comportement, cela vient souvent des adultes. J’ai peur d’accoucher, rendez-vous compte, pour une Educatrice de Jeunes Enfants, l’univers a bien le sens de l’humour. Des conseil femme enceinte, je sais en donner, par exemple ici: http://superpoppins.com/conseil-femme-enceinte/
Mais l’accouchement, qui est l’aboutissement de la grossesse, là, je sèche…
Quoi qu’il en soit, cette grossesse se déroule au mieux.
J’ai lu l’excellent livre de Bernadette de Gasquet concernant le périnée, http://m.marabout.com/perinee-arretons-le-massacre-9782501070140
J’ai fini en larmes.
J’ai peur d’accoucher, voyez-vous. J’ai repris mon courage à deux mains, et le livre.
Qui est très pédagogique sur les positions idéales pour l’accouchement.
C’est un comble pour une pro. Mais personne ne m’a ménagée, et toutes ces terribles histoires m’ont renforcée dans ma peur d’accoucher.
Tout le monde sait très bien que les cordonniers sont les plus mal chaussés… Et je ne veux pas que ce cliché soit vrai pour moi. Je veux surmonter ma peur d’accoucher.
Je n’ai par exemple pas peur du burn-out parental: http://businessofeminin.com/feature/le-burnout-parental-la-fin-dun-tabou/
Je sais que l’adaptation en crèche de mon fils se fera comme elle se fera.
J’espère bien faire de mon fils un féministe, en lui transmettant mes valeurs.
L’idée d’apprendre à être la maman de quelqu’un est géniale.
L’idée de mettre un humain au monde est magnifique.
L’idée de fonder une famille avec l’homme que j’aime aussi.
Mais j’ai peur d’accoucher.
Qu’y puis-je ?
Mon compagnon est très présent, ultra mignon, il a pris en charge la plupart des tâches ménagères et il me fait même des massages régulièrement.
Donc vraiment , cela me paraît être un problème de riche: j’ai peur d’accoucher.
Mais la peur, c’est bien . C’est parce qu’il y a un danger. Donc on se prépare et on se protège.
On fait donc en sorte d’écarter les dangers, au fur et à mesure.
On lâche prise.
Ma sage-femme m’accompagne aussi bien qu’elle pourrait le faire.
Je me raisonne doucement.
Et je me dis que le temps qui passe me rapproche de ce moment, et nous serons une équipe, et je vais respirer, et ce sera à la Inch’Allah, mais cela ira, cela ira, cela ira.
Je me dis que des millions de femmes l’ont fait avant moi, des millions le feront après.
Je me dis que la peur d’accoucher n’évitera pas le danger.
Et qu’à force d’en parler, je vais exorciser cette peur, et que je vais surmonter.
4 Comments
  • Lulu

    27 mars 2017 at 11 h 19 min Répondre

    Ah ben j’étais comme toi! Et en fait je touve ça plutôt normal comme réaction! Une sage-femme qui aurait peur d’accoucher ça ne me suprendrait pas plus que celà à vrai dire! Alors une EJE..! Ben pourquoi pas! 😉
    J’avais peur, et puis surtout, je ne voulais pas accoucher! j’ai adoré être enceinte, j’ai eu la chace de ne pas avoir eu de maux de grossesse, bon les ligaments qui tiraillaient au niveau du ventre, je marchais telle une tortue, d’un pas siii lent, mais sinon rien de particulier! J’adorais la confidentialité entre moi et mon bébé, cette intimité chuchotée que lui seul et moi seule vivions! C’est vraiment le plus chouette truc que j’ai vécu, ma grossesse! Alors qu’à la base j’avais pas ce besoin physique d’être enceinte. J’avais envie d’un enfant, mais nous nous sommes renseigner pour adopter par exemple.
    Les femmes autour de moi me disaient toutes, « tu dois avoir hâte d’accoucher » . Systématiquement. Toutes. Alors que NON! Mais j’avais beau le dire, on me le répétait, comme si c’était pas possible de ne pas avoir envie d’accoucher! Et puis voilà, mon bébé étant en petit poids, on a décidé de me déclencher , 2 semaines avant mon terme.. J’ai chialé!! Pas longtemps, mais j’ai pleuré! C’était la fin de ce beau chapitre. J’étais évidemment ensuite contente d’aller vers la rencontre physique avec mon fils, mais triste, émue de la fin de ce chapitre! Le suivant allait être super bien sûr, mais n’empêche que celui-ci je l’aimais beaucoup!
    Après on ne parle bien souvent que des accouchements douloureux, long etc, mais n’oublie pas qu’il y a aussi des accouchements faciles! Genre des 2h-3h de contractions intenses suivies d’une péridurale qui fonctionne très bien, ben franchement ça va hein! En tous cas, pense à ton bébé tout du long, dis toi que tu l’accompagnes, que tu l’aides à venir au monde, qu’il bosse aussi lui en même temps , ça te donnera une grande force! Et puis tu vas t’épatée! Moi après je me suis dis que je n’aurai plus JAMAIS rien à prouver à personne! J’ai accouché les gars!!!! ;)))

  • superpoppins

    27 mars 2017 at 12 h 43 min Répondre

    Ooooh merci pour ce superbe témoignage, je vois qu’on a UN TAS de points en commun 🙂 C’est très émouvant, ce que tu écris , et beaucoup de choses font écho en moi. Merci encore , cest exactement à ce genre d’échange d’expérience que sert ce blog 🙂

  • Marine

    4 avril 2017 at 21 h 12 min Répondre

    Je viens juste de lire ton article…
    J’a eu peur aussi. J’ai fait pas mal l’autruche, tout se passait à merveille et j’adorais être enceinte. Mais plus la date fatidique approchait, plus je flippais.
    Comme toi, pas d’avoir mettre au monde et rencontrer mes fils, pas peur d’être débordée, ni de ne pas tenir les belles promesses qu’on se fait en tant que futurs parents, pas peur de ne pas être la mère parfaite, pas peur de voir ma vie bouleversée, ni mes habitudes radicalement se transformer.
    Mais l’acte en soi….
    Faut dire qu’on entend toujours le pire. Sauf dans Baby-boom que je me suis mise à regarder presque frénétiquement. Ca me rassurait, ça me faisait pleurer (surcharge d’émotions et d’hormones) et ça me permettait de voir ce qui m’attendait. J’ai assisté à toutes les réunions, beaucoup rit quand on me racontait ce qui risquait de m’arriver dans la salle. Et puis j’ai un peu lu mon Pernoud.
    Et un jour, je ne suis pas repartie de ma visite de contrôle.
    Je le sentais, j’avais bouclé les valises le matin même. Au cas où. Mais là j’étais pas prête. Pas sans Robin qui ne pouvait pas passer la nuit avec moi, pas avec une césarienne pas du tout préparée. Pas assez de temps pour dire aurevoir à ce gros ventre que j’aimais temps. Pas prête de rencontrer ce corps en dé-re-composition.
    J’ai eu peur comme rarement.
    J’étais avec une nana adorable dans la chambre avec qui j’ai passé la nuit à discuté. Elle m’avait entendu pleurer toute seule…
    Et finalement, pas de césarienne. Pas d’accouchement non plus car pas d’urgence pour moi (juste minime) et pas de place non plus ! Et tant mieux, ça me faisait un peu de rab. J’ai jamais autant aimé la bouffe de l’hôpital (chaque repas était annoncé comme le dernier), ni les séries de merde des chaines publiques qui me faisaient passer le temps, avec CandyCrush et la voisine. Et Robin bien sûr !!

    Et puis 2 jours plus tard, c’était parti. Dernière douche aux aurores, seule avec mon gros ventre. On m’a installée directe en salle d’accouchement, pas de place en salle de travail.
    Et puis, tout ce qui a suivi s’est merveilleusement passé. Tout. Même ce qui a laissé des marques.
    Mais je ne te cache pas qu’à chaque étape franchie, j’étais dans un état très étrange. La peur, la hâte, l’excitation de cette rencontre, l’angoisse de cet effort, de cette expérience dont on sait tout et rien.
    Je ne te cache pas que quand on m’a dit, après 3 jours à l’hôpital, et 14h en salle, « Je sens les cheveux d’Arthur, on va pouvoir y aller », j’ai dit « Non, je ne suis pas prête, encore une cigarette avant ? (je ne fumais plus….) ». Il y a un petit délai entre ce moment et le moment où ça y est c’est parti. Il était 4h. J’étais naze. J’ai essayé de dormir un peu, je ne me sentais pas du tout pousser, deux fois en plus.
    Et puis à 4h20 on est partis dans l’aventure de la vie.
    Robin a été d’un soutien qu’il ne pourra jamais mesurer, je n’étais pas seule. Et quand j’avais peur, je pensais à toutes ces femmes qui l’ont fait avant nous, toutes celles qui le feront après. Je me sentais toute petite et très fière aussi.
    Et tout s’est merveilleusement déroulé.
    Et maintenant, je peux le dire à toutes celles qui auront peur, comme moi, comme toi, que je crois que c’est normal d’avoir peur, et ça rend ce moment encore plus magique quelque part. Mais tout ira bien. Et même si ça ne se passe pas comme tu t’y attends, tout ira bien malgré tout, parce que vous serez 2 et puis 3 à affronter cette aventure ensemble 😉

    Et finalement, ce qui ‘a fait le plus peur après coup, c’est d’avoir peur tout le temps depuis qu’ils sont en moi. Peur pour eux, et envie de tout faire pour qu’ils soient heureux.
    Et en réalité, ce qui m’a fait peur, c’est cette part de la vie que l’on ne contrôle pas. Cette incertitude. Et je crois qu’être parent, ça commence là. Laisser sa part à cette peur, accepter la part d’incertitude, d’imprévisible. On devient étrangement plus serein.

    Enfin bref, je m’égare.
    Moi aussi j’ai eu peur d’accoucher. Alors que finalement c’est de loin l’expérience la plus dingue que j’ai vécue et que je vivrai !!
    C’est bien que tu puisses en parler, ça permet de ne plus avoir ce poids le jour j, et de trouver d’ici là le temps d’accepter cette angoisse naturelle 😉

    • superpoppins

      4 avril 2017 at 21 h 34 min Répondre

      Oh wahou. Merci pour ta générosité dans ce témoignage bouleversant. Merci du fond du cœur ❤️

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